Publié par Guillaume Lejeune

La champagne devra faire le choix de la valeur

L'interprofession champenoise a dévoilé sa stratégie de développement à l'horizon 2030 : maintenir l'excellence des vins et des marques de champagne. En effet, il fait face à un contexte qui risque d'entamer son économie, voir de provoquer une crise à multiples facettes : apparition de champagne à bas prix, croissance des volumes atteignant les limites de production, concurrence des mousseux, faiblesse de la commercialisation et de l'accueil touristique...

Le CIVC a donc choisi de reprendre son destin en main et lance une grande réflexion baptisée "Champagne 2030".

Ce travail veut à la fois couvrir la qualité des vins et sa commercialisation : renforcement du suivi qualitatif, amélioration de la qualité du pressurage, réflexion sur l'allongement de la période de vieillissement, sur l'avenir des vins sur lattes, renforcement du conseil technique, recherches et développement pour une viticulture plus respectueuse de son environnement, etc. Autant de problématiques qui pourront faire évoluer, à terme, le cahier des charges.

Sur le plan commerciale, la piste privilégiée est donnée indirectement par le facteur production qui ne sera pas extensible à l'infini : miser sur la rareté et la désirabilité du champagne pour maintenir sa valeur.

Le mot a été laché. Toute la stratégie visera à lutter contre les champagnes à bas prix qui démontrent aujourd'hui que, certes ils permettent de maintenir voir de faire croître les volumes, mais ne garantissent en rien des finances saines pour les acteurs qui s'y risquent. Le cas récent du groupe Pressoirs de France, coutumier de cette pratique, est éloquant : malgré une vente de 6 millions de bouteilles en 2012, ce négociant doit déposer le bilan, laissant derrière lui un passif de 49 millions d'euros. Gageons qu'une solution rapide permettra de sauvegarder les emplois, les marchés et d'apurer le passif.

De plus, et c'est un aspect qui n'est pas assez développé et expliqué, ce changement de modèle de développement devrait permettre au vignoble de répondre à l'augmentation du prix du foncier qui rend l'investissement insupportable pour les plus petites exploitations.

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