18 Décembre 2012
Gérard Depardieu... Il crée la polémique parce qu'il est le dernier des exilés fiscaux célèbres. En fait, il ne sera que le énième d'une liste plus longue que le bras. La France est assurément un exporteur net de contribuables. Mais sont-ils tous des mauvais patriotes ? Devons-nous leur cracher au visage parce que même imposé à 85% ils ont toujours de quoi vivre convenablement ?
En fait, quelque soit l'argent que nous gagnions, je comprend tout à fait que, symboliquement, voir l'écrasante majorité de ses revenus captés par les impôts puisse être concidéré comme injuste. Là nous touchons du doigt un des thèmes de campagne de François Hollande : la justice fiscale. Est-ce qu'aujourd'hui l'impôt est juste ? Juste pour qui ? L'impôt doit-il être juste ? Des questions philosophiques qui trouveront autant de réponse qu'il y a de contribuables potentiels en France parce que chacun appréciera la "justesse" de l'impôt en fonction de sa situation personnelle. Alors que la vrai problématique devrait être : payer l'impôt oui, mais pour faire quoi ?
Oui, il est facile de conspuer les exilés fiscaux, "ces rats qui quittent le navire" comme disent certains. Mais renversons question : pourquoi les contribuables les plus importants préfère-t-ils fuirent la France ? Pourquoi des sociétés, les plus petites soient-elle envisagent-elles de domicilier leur siège social en Belgique ou au Luxembourg ? Refuse-t-il vraiment de rendre à la France ce qu'elle leur a donné ? Assurément non. Il faut rechercher les responsabilités ailleurs.
Comme toujours, en France, il est plus facile de montrer du doigt les symptômes plutôt que de désigner la maladie qui nous ronge.
Le mal est que cela fait des décennies que la France vit au-dessus de ses moyens. Sous couverts de cadeaux électoraux, toutes les promesses ont été faites ou presque mais non financées. Pire, nous avons même accepté de réduire le nombre de contribuable, sous couvert d'exonérations diverses. Au final, le fonctionnement de l'Etat coûte de plus en plus cher et les contribuables sont de moins en moins nombreux. Ces derniers ressentent d'autant plus une injustice qu'ils ont du mal à accepter la manière dont est utilisée leurs impôts.
Soyons honnête jusqu'au bout. L'Etat ce n'est pas seulement le gouvernement et le personnel politique, c'est aussi nous, les citoyens, qui avons des demandes de plus en plus exigeantes et qui sommes prêt à suivre toute personne qui nous bercera dans l'illusion que c'est possible.
Si nous voulons arrêter l'hémoragie fiscale, il conviendra d'abord de mieux répartir l'effort sur une plus grande partie de la population, c'est-à-dire accepter de payer des impôts à partir du 1 euro de gagné. Il faudra aussi une meilleur progressivité des échelons fiscaux pour atténuer au maximum les "effets de seuil". Enfin, il restera à faire une vrai réforme de l'Etat à tous les niveaux pour le rendre plus efficace, centré sur les missions régaliennes et déléguer les autres missions à de vrais collectivités territoriales autonomes et plus proche des réalités locales. Enfin, il faut que nous acceptions qu'il n'est plus possible d'être "rasé gratis" pour tout et n'importe quoi.